L'église de Momalle été classée au patrimoine le 25 janvier 1935

 

Un peu d’histoire...

La première église de Momalle a sûrement été construite au Moyen Age ( 10ème siècle ou début du 11ème siècle).  Elle était probablement une dépendance - la chapelle - du château du seigneur de l’époque.  Ses dimensions étaient semblables à celles de l'église ogivale qui lui succédera. Mais il subsiste peu de renseignements sur les différentes églises construites à Momalle avant l'église actuelle.

On pense qu’à Momalle, comme ailleurs en Hesbaye, qu'il y a eu une première église  romane, remplacée au 13ème siècle par une gothique. Partout en Hesbaye, les vieilles églises conservent des vestiges importants du style ogival du 13ème siècle. C'est que la révolution architecturale opérée dans l'art religieux de la fin du 13ème  siècle créa un puissant mouvement artistique qui, parti des villes, pénétra dans les campagnes qu'il couvrit d'édifices religieux en ne conservant que les tours romanes, comme témoins du style détrôné. 

Le château, et par conséquent l'église, furent ravagés et incendiés à différentes reprises (en 1325 et en 1347 par les Liégeois révoltés et en 1474 par Guillaume de la Marck) et complètement démolis en 1580. Seule subsistait l'ancienne chapelle castrale qui est toujours le choeur de l'édifice actuel. Les débris servirent en grande partie à la reconstruction d'une nouvelle église et de la tour qui datent en majeure partie du 16ème siècle : 1564 pour le chœur restauré et 1580 pour la tour qui se remarque de très loin par son damier de briques et pierres blanches.






L'église actuelle

L'édifice actuel se compose d'une nef, flanquée de deux collatéraux et d'un chœur dont le sanctuaire se termine par une abside pentagonale.

L'agrandissement de l'église nécessité par une augmentation considérable de la population n'a pu se faire qu'en élargissant les bas-côtés. L'édifice présente ainsi une forme presque carrée.

Malgré sa hauteur importante, la nef forme un ensemble gracieux qui par la richesse des archivoltes, la pureté du profil des arcs brisés, l'ampleur des  fenêtres produit un bel effet et revêt un caractère impressionnant.

 

En 1846, la toiture de la grande nef a fait l'objet d'une restauration complète : charpente, planches, ardoises. 

La restauration de 1898 a vu entre autre la construction du porche d'entrée et de la sacristie.

La nef

Longue de 17m de long, elle est éclairée par des baies à lancettes. Les murs construits en 1580 en appareil de grès régulier sont restés intacts et supportent une toiture de style du 16ème siècle. 

Près du porche d'entrée, se trouve la dalle funéraire datant de 1566, de Jacques Matonet, lieutenant-bailli de Hesbaye, et de son épouse. Assez curieusement, trois coeurs en taille d'épargne, comme sur la ferme du même nom, se trouvent gravés sur la pierre. 

Deux monuments funéraires datés de 1651 ont été incrustés dans les murs du porche d'entrée. 

Le choeur

Lee chœur s'ouvre sur la nef par un arc brise porté par des hautes colonnes. Les annexes plus modernes, dont la nouvelle sacristie datant de 1898. Les orgues se trouvent dans l'annexe gauche, un jubé surélevé qui dans le passé donnait accès à la chaire. 

 

La pierre mortuaire des curés Gérard Dans (1692) et Gilles Renier son neveu, inhumés ensemble, se trouve derrière l'autel.



le tour

Après le chœur, c'est la tour qui présent le plus d'intérêt. Elle a été l’objet de plusieurs réparations et modifications. 
Vu ses dimensions on est tenté de la considérer comme une ancienne dépendance du château à laquelle on aurait adossé l'église primitive.  

Les fenêtres sont ornées de vitraux. Le vitrail du fond représente la sainte Vierge Immaculée à côté de saint Joseph, père nourricier et gardien de l'enfant Jésus. Celui de droite représente les parents de la sainte Vierge et celui de gauche saint Pierre et saint Paul. Les deux vitraux représentent les quatre évangélistes : saint Jean et saint Marc à droite, saint Mathieu et saint Luc à gauche.  

 Les fenêtres sont ornées de vitraux. Le vitrail du fond représente la sainte Vierge Immaculée à côté de saint Joseph, père nourricier et gardien de l'enfant Jésus. Celui de droite représente les parents de la sainte Vierge et celui de gauche saint Pierre et saint Paul. Les deux vitraux représentent les quatre évangélistes : saint Jean et saint Marc à droite, saint Mathieu et saint Luc à gauche.  

Un nouvel autel en petit granit poli en noir, surélevé sur un socle en pierre bleue, érigé dans un style très dépouillé et adapté à la nouvelle liturgie, se dresse à l'avant du choeur actuel de l'édifice. 

Les fonds baptismaux, un bassin en marbre sur un socle en pierre datant du 17ème  siècle, a été amené à proximité de l'autel.

 

La tour compte quatre niveaux. 

Le rez-de-chaussée est certainement resté de la tour romane. 

Les murs des deux premiers niveaux sont maçonnés pierres de Meuse et de grès houiller. 

Le troisième niveau en damiers de briques et de pierres blanches comporte I ‘inscription « 1734 » sur le chainage d'angle. À cette date, elle a subi des transformations importantes qui lui donnèrent en outre une élévation plus importante. Le dernier niveau en briques supporte une corniche de pierres et une toiture d'ardoises octogonales. 

 



 

Latour est ceinturée de trois cordons. Ces pierres servent à mettre plus de cohésion entre les matériaux et renforcent la construction.  
Le second étage et la flèche datent de 1734.  Leurd matériaux : les briques, les pièces de charpentes du beffroi, véritable forêt, représentent une charge considérable. Les maçonneries en briques forment une construction à part et les coins du côté de l'église étant encore apparents, on peut voir que les murs sont faits en pierres de grès et de silex. 

L'épaisseur des murs varie entre 1m89 et 1m91. 


L'escalier de la tour est aménagé dans l'épaisseur du mur et conduit au premier étage dans une salle couverte d'une coupole. Un second niveau supporte la flèche 

 

Les tours furent construites en vue d'y trouver un refuge. Elles servaient aussi à conserver les archives communales. Toutes les tours auraient eu deux voûtes : une sur le rez-de-chaussée et une autre plus haut, en dessous des cloches. Des lucarnes éclairent la tour et permettent de surveiller les campagnes. Situées près des cloches, cela permettait de sonner en cas de besoin. On pouvait y allumer le feu pour chauffer les occupants d'occasion, et même y faire la cuisine. 

 

Au premier étage, on trouve une chambre comprenant trois armoires pratiquées dans les murs qui leur donnent la forme triangulaire et trois petites lucarnes qui ne sont pas placées à portée de la vue. Les lucarnes ont pu servir pour surveiller les campagnes environnantes mais lors des différentes reconstructions de la chambre actuelle, on a pu modifier la forme et la place de ces baies. 

Sources

Les informations historique sur l'église sont issues de l'ouvrage :
"Momalle, un village de terre, de pierres et d'hommes" par Carine et Marcel Driesman en 2010. 
Avec l'accord des auteurs.